Bonjour à tous !
Avant tout, un petit compte-rendu du dernier jour de notre voyage.
Pas besoin d’être devin pour imaginer que nos mousses n’étaient pas très frais à la table du petit déjeuner ce vendredi matin. Les réminiscences de la fête pesaient sur les échines penchées sur leur bol de lait.
L’allégresse n’était toujours pas de mise lorsqu’il fallut s’asseoir sur les valises pour en comprimer le contenu et permettre ainsi leur fermeture. Et que dire des adieux larmoyants à cette si chère Hélène !
De leur côté, André et maître G. avaient depuis longtemps oublié tout sentiment de nostalgie naissante. Ils se battaient avec un chauffeur et une société de car qui ne juraient que par les mathématiques ; 14+4=18 était leur leitmotiv !
18h ! 18h ! 18h ! Le chauffeur, parti à 4h du matin de l’Eure, devait arrêter de conduire à 18h ! Sous peine de dépasser les 14h de conduite quotidienne légalement autorisée. Le mystère étant de savoir pourquoi le chauffeur avait eu besoin de 4h30 pour arriver à Courseulles…
Ayant renoncé à convoquer les parents à un endroit indéterminé de la bande d’arrêt d’urgence entre Caen et Rouen, les deux maîtres d’œuvre se débrouillèrent pour avancer la réservation du film de 14h30 à 13h30. A charge pour le capitaine G. de passer le voyage retour à contacter tous les parents avec le lancinant : « Bonjour. C’est Mr Guignard. Ne vous inquiétez pas. Je ne vous appelle pas pour un problème de santé ou un accident. Non, nous allons arriver à 17h30 au lieu de 18h30… » Pour un enseignant qui s’évertue presque systématiquement à libérer ses troupes à 16h42, c’était humiliant… sans parler du désastre pour son forfait téléphonique…
Nous parvînmes tout de même au Mémorial de Caen vers 10h30. Là, l’encyclopédique André nous fit remarquer que le bâtiment était un parallélépipède de la même taille que les caissons en béton du port artificiel d’Arromanches. Tout le monde remarqua qu’il en possédait également la même « grâce » et la « chatoyante » couleur grise. A vous de juger :
Pour en finir avec les médisances faciles et sans acrimonie particulière pour cette bonne ville de Caen ( la société de cars n’étant pas caennaise… ), une publicité vue dans le Calvados :
Heureusement, le contenu du Mémorial est plus louable que son contenant. Grâce à la mise en scène du musée et au savoir-faire d’André, les élèves se passionnèrent pour la spirale de la montée des périls de l’entre-deux-guerres. Leur curiosité se révéla plus forte que leur fatigue.
Par contre, vu les changements de dernière minute, le pique-nique ( tomate, chips, sandwich au jambon de dinde, camembert et pomme ) ne dura que 28 min 49 sec ! Deux fois moins de temps que pour déguster la glace de la veille… ( à ce propos, malgré les insinuations de certains, le capitaine n’obtint pas la plus grosse : c’était la taille minimum ; les bénéficiaires de trois parfums ont d’ailleurs vu la leur agrémentée d’une couche supplémentaire de 34 mm… )
Ainsi, la pomme encore dans la trachée, nous sommes entrés dans la salle de projection à 13h30. Et, là, nouveau miracle, personne ne s’endormit ! Il faut dire que le premier film était captivant : il divisait l’écran en deux, présentant ainsi le Débarquement simultanément dans les rangs alliés et dans ceux allemands ; le tout avec d’inédites images d’archives. Le second film, sur la bataille de Normandie, était moins passionnant mais… les sièges n’avaient pas de dossier, donc tout le monde resta attentif.
La pomme atteignait l’estomac lorsque nous montâmes dans le car à 14h23 au grand soulagement du chauffeur.
Et, comme il y avait cette fois-ci des dossiers moelleux, l’activité générale fut réduite à quelques bâillements.
Les yeux ne se rouvrirent qu’à 17h20 ( décidément le sort s’acharne sur le capitaine : dix minutes d’avance supplémentaires… ) à l’entrée de la rue de Bazincourt. Presque tous les parents étaient déjà présents. Dans une joyeuse bousculade, chacun retrouva les siens.
Et, pour une fois dans l’existence de ces enfants souvent « délaissés », ils apprécièrent les discussions interminables de leurs géniteurs devisant sur le trottoir. Ils leur restaient quelques instants à partager entre aventuriers. Quelques moments pour perpétuer leur exaltante expérience commune…
Maintenant que ce moment fort attendu s’est malheureusement achevé, l’heure est au bilan et à la réflexion.
Tout d’abord, chacun des 26 membres de l’aventure a vécu cinq jours intenses et riches. Preuve est que, au moment de reprendre le car de retour, chacun regrettait de partir déjà. Au-delà des objectifs éducatifs que vous pouvez retrouver ici, l’expérience aura renforcé la cohésion du groupe : chacun a appris mieux connaître l’autre, à comprendre ses richesses et à apprécier l’intérêt de la vie en collectivité. De nombreux enfants ont ainsi révélé des facettes que nous ne leur connaissions pas.
Ensuite, un bilan comptable :
- 0 mort ou porté disparu ;
- 1 point de suture ;
- 2 soirées dansantes ;
- 3 têtes choquées (mais seulement deux propriétaires crâniens… ) ;
- 4 plages du débarquement envahies à nouveau ( Sword, Juno, Gold et Omaha ) ;
- 5 rabs de moyenne et par enfant pour les spaghettis bolognaise ;
- 6 kilos de beurre par haricot préparé par les puristes cuisinières normandes ;
- 7 tenues essayées en moyenne par élève et en 30 minutes avant la boum ;
- 8 chaussettes retrouvées orphelines de leur jumelle ;
- 9 minutes de détente supplémentaire par douche et par enfant avant de céder à la complainte du suivant ; soit 11 pressions en vertu du chronométrage du pointilleux Samy ;
- 10 sites visités ;
- 11 questions incongrues ;
- 12 kilos de bonbons pour 1 seule boum ;
- 18 ans comme l’âge d’une grande partie des allemands enterrés au cimetière de La Cambe ;
- 24 combinaisons possibles de parfums pour les montagnes à l’italienne du jeudi après-midi ;
- 39 réflexions sensibles sur l’inutilité de la guerre ;
- 48 yeux avides de découvertes ;
- 70 minutes de moins d’aventure ;
- 132 décibels pour le rire des Pony Girls à 3 h du matin le jeudi 4 juin ;
- 154 véhicules militaires dénombrés par Amélie et Mathilde le mercredi 3 juin ;
- 236 heures de sommeil en retard pour les accompagnateurs ;
- 321 véhicules militaires dénombrés par Amélie et Mathilde en 3 jours ;
- 458 chahuts ;
- 784 sourires ;
- 8 512 calories par jour et par enfants ;
- 9 387 âmes disparues dans le cimetière de Colleville ;
- 10 000 m² de jardin pour se défouler en liberté ;
- 21 222 vies gâchées dans celui de La Cambe ;
- 8 000 000 de disparus pendant la Première Guerre Mondiale ;
- 50 000 000 de disparus pendant la Seconde ;
- 6 785 848 285 d’humains sur notre Terre ;
- 6 785 848 284 raisons de connaître l’Histoire.
Enfin, nous tenons tout particulièrement à remercier les parents qui ont fait l’effort affectif et financier de permettre à la totalité des 24 élèves de participer à ce moment fort ; cela aurait été terrible de laisser un des nôtres sur le bord de la route.
Nous remercions aussi André, Hélène et tout le personnel du centre pour leur accueil et leur compétence.
Merci aussi à la municipalité de Verneuil qui finance les classes transplantées à hauteur de 50%.
Et des remerciements très sincères à Mr Bertaud qui, non content de nous offrir son temps et sa bonne humeur, a également freiné sa recherche d’emploi afin d’être à nos côtés. Nous espérons que nos sourires l’auront dédommagé un peu de son geste bénévole.
Sachez, pour finir, que nous offrirons bientôt à chaque famille un DVD contenant l’intégralité des photos et des vidéos du séjour et que nous revivrons ce voyage lors d’un rassemblement avec parents et enfants à une date qui leur sera communiquée dans quelques jours.
C’est fini. Ce blog n’a plus de raison d’être alimenté. Snif…
Elle était trop bien la classe transpantée merci MR Guignard et MR Bertaud pour nous avoie emmener merci aussi au centre des esneques our nous avoir accilli.Après la lecture du récit de MR guignard je me suis demadé si vus aviez voulu discuter avec nos parens en langage de la résistance( mésage codé).J'ai du passédu temps dans mon dictionnire pour vous décoder(dévisant sur le trottoir les atourts, acrimonie etc)Je pense que je vais commencer une nouvellle collection : les mots incompréhensible de MR guignard.
RépondreSupprimera demain avec ma déscrition des mots incompréensible
LUCIE TIERCELIN
ouais c'est vrais c'était bien snif snif
RépondreSupprimerouin
de maxence leroux :)
Un très grand MERCI aux élèves de CM 2 A ,je vais pouvoir partir pour un voyage au bout de la nuit. Antoine Bertaud
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